L’un des aspects les plus révoltants des Accords d’Oslo, signés par les dirigeants israéliens en 1993, est qu’ils avaient été préparés, élaborés et négociés dans le plus grand secret, loin des journalistes, laissant dans l’ignorance totale des populations mises au pied du mur dès la publication de leur teneur.
Cette annonce avait laissé les Israéliens interloqués, certains admiratifs, d’autres dubitatifs, et bon nombre effarés de ce changement de cap radical qui leur était soudain imposé. Les 17 ans qui nous séparent de la cérémonie sur la pelouse de la Maison Blanche désignent sans ambiguïté lesquels des Israéliens ont eu alors la vision la plus juste des effets prévisibles de ces accords.
Les Américains semblent avoir à nouveau adopté cette méthode en « imposant poliment » aux Israéliens et aux Palestiniens d’accepter des « voies parallèles » au spectacle diplomatique de façade, par des rencontres secrètes, lors desquelles des « spécialistes » étudient des solutions concrètes, qui sont parfois en décalage total avec les déclarations officielles et « rassurantes » des dirigeants israéliens essentiellement, puisque les Palestiniens, on le sait, ne bougent pas d’un iota de leurs revendications depuis des décennies.
La nette majorité de droite sortie des urnes il y a une année, ne semble pas avoir modifié autre chose que le langage utilisé par les responsables politiques. Ainsi, nous apprenons qu’aux Etats-Unis, des pourparlers étroits et réguliers sont en cours depuis deux ans entre des équipes de négociateurs israéliens et palestiniens, pour tenter de définir les futures frontières entre Israël et un Etat Palestinien. Deux ans, cela signifient qu’ils ont débuté sous le gouvernement Olmert-Livni, et qu’ils se poursuivent sous le gouvernement actuel, avec les mêmes intervenants, comme s’il n’y avait pas eu d’élections en février 2009.
Ces négociations, qui se déroulent à « Baker Institute », de Rice University (Texas) ont pour but d’imaginer divers cas de figure pour la fixation des frontières. Le point commun entre toutes ces solutions au-delà de quelques nuances : elles prennent comme axiome de base un retrait israélien de pratiquement toute la Judée-Samarie. Le maintien des bases de ces négociations indique que le changement de coalition gouvernementale en Israël n’a donc en rien influencé la stratégie israélienne quant à l’avenir de la Judée-Samarie. Et lorsqu’un dirigeant israélien, fût-il de droite, clame sous les vivats « qu’Israël ne reviendra jamais aux frontières de 1967 », il aura littéralement toujours raison du moment qu’Israël ne garderait que 10m2 de la Judée-Samarie !
Le « Baker Institute » a invité pour ce faire des spécialistes civils et « militaires » des deux côtés, des universitaires et des dirigeants d’organisations. A titre d’indication, parmi les «négociateurs » israéliens, on trouve l’avocat Guilad Sher, situé très à gauche, ancien directeur de cabinet d’Ehoud Barak lorsqu’il fut ministre de la Défense, mais surtout ancien négociateur à Camp David (2000), membre du Mouvement israélien pour la Défense du Citoyen, et signataire de l’ « Initiative de Genève. »
Face aux Israéliens prêts à de nombreuses concessions, l’on trouve des membres du Fatah, pour lesquels il ne fait pas de doute qu’aucun Juif ne devrait rester au-delà de la Ligne Verte en cas d’accord final. L’animateur américain de ces pourparlers est Edward P. Djerejian, ancien ambassadeur en Israël et en Syrie, et très proche du monde arabe.
La volonté des Américains dans ce processus (quasi) secret, est de traiter et résoudre en premier le dossier des frontières, avant d’aborder les autres points brûlants. Un plan par étapes. Jusqu’à présent, et c’est ce qui est assez inquiétant, c’est que les deux équipes sont déjà arrivées à des accords de principes sur certains points : l’annexion éventuelle par Israël de localités juives ne se ferait que dans des zones très proches de la Ligne Verte. Ensuite, il y aurait continuité territoriale pour les deux Etats, incluant un passage entre la bande de Gaza et la Judée-Samarie.
La lecture des comptes-rendus de ces pourparlers fait frémir lorsque l’on voit que ces « experts », tels des écoliers ciseaux en main et prêts à découper du papier, discutent allègrement du sort de localités ou quartiers comme Efrata, Migdal Oz, Maale Adoumim, Karné Shomron, Guivat Zeev, Har H’oma, Ariel ou même Latroun !! Des idées psychédéliques sont ainsi discutées par ces négociateurs qui ont mandat de la part des dirigeants des deux côtés : l’ancien ambassadeur américain par exemple, propose purement et simplement de rayer la ville d’Ariel de la carte.
L’équipe israélienne a alors proposé de la « reconstruire » plus à l’ouest, à l’intérieur de la Ligne Verte, et d’y inclure les localités d’Ofarim et Beit Aryeh !!! Les Palestiniens de leur côté, proposent qu’Israël démantèle l’aéroport Ben Gourion (!!!), le reconstruise ailleurs, et installent la ville d’Ariel à la place !!
Ce ne sont pas moins de cinq cartes qui sont ainsi proposées et discutées lors de ces rencontres. Mais leur dénominateur commun est clair : les Palestiniens exigent un retrait quasi-total d’Israël de Judée-Samarie, avec le soutien des Américains et de l’Union européenne, et les Israéliens de leur côté, abandonnant toutes revendications historiques, se montrent prêts à envisager cette hypothèse, avec des restrictions sur quelques zones infimes représentant 4 ou 5% de la Judée-Samarie.
Et ceci, alors que la population juive israélienne a voté, il y a exactement une année, à plus de 60% pour des partis de droite et des formations religieuses.
Certes, rien ne prouve que ces négociations vont aboutir, ni qu’une fois abouties, un accord se dessine sur les autres points en litige. Mais il est impressionnant de voir à quel point les positions palestiniennes sont invariables, alors que du côté israélien, et quelle que soit l’équipe en place, le grand glissement de terrain idéologique poursuit son cours.







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le chomer
04. fév, 2010
je crois qu'il est temps et urgent que la direction du likoud et des formations de droite adressent UN AVERTISSEMENT SOLANNEL à nataniaou pour qu'il arrète ce genre de négociations !! il n'a pas étéélu pour faire comme a fait sharon !! alors il faut agir avant de se retrouver dans une grave situation où les gauchistes vont devenir les alliés naturels de nataniaou !! c'est ce mélange des genres qui fait que lesONG gauchistes sont protégées par le pouvoir de droite(??) car ce pouvoir de droite pense qu'il aura besoin de leur basses oeuvres pour l'avenir des accords préparés par nataniaou !!
jjacob
04. fév, 2010
La seule chose à voir dans le Plan ou les plans serait de ne pas faire de l Etat d'Israel un Etat binational qui deviendrait forcement un Etat d'Apartheid pour commencer et un Etat Arabe " démocratique " . Attention au piege !.
Il faut s'assurer que la Voloçnté de deux Etats exoistent et pourquoi pas un transfert de population ???
youdi
04. fév, 2010
Un autre Oslo établit de la même façon que le précédent verra l’éclatement du pays par sa propre bombe. On trompe un peuple tout entier une fois mais pas deux. Nous sommes tous partisans de négociations entre vainqueurs et vaincus et nous acceptons que cela se fasse à égalité de droits et de devoirs. Mais ne vous amusez pas à traiter de l’avenir des populations à leur insu où contre leur gré. Aucun pays au monde ne peut le faire, sauf à employer la force éphémère des armées qui ne règlent rien de définitif. Politiciens de tous pays, faites bien attention au respect des peuples. La dictature sous quelque forme que ce soit est devenue intolérable.
nessim
04. fév, 2010
alors si c'est celà oslo III alors la trahison recommence…
coup de couteau dans le dos les spécialistes se rélayent pour celà…
youdi
04. fév, 2010
Vos publications de commentaires sont une vaste plaisanterie.
Guetta Nissim
04. fév, 2010
il parait que Nataniaou est un homme de droite qui doit veiller au grain, meme aux u.s.a. la gauche est en train de nous blouser comme d'habitude et c'est sur.
Nataniaou s'est fait avoir par le joueur de saxo Clinton, et il sait qu'il va se faire avoir et nous avec.
j'espere que Liberman va le remettre en place