Le vice ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon, en déplacement au Royaume-Uni où les pouvoirs locaux lui ont assuré qu’il ne serait pas inquiété, a donné lundi une conférence à l’Institut international des études stratégiques de Londres.
L’immunité parlementaire lui a certes été garantie, mais l’engagement des pouvoirs à son égard est loin d’avoir été respecté ou approuvé aussi par une gente universitaire dissipée et loin d’être flegmatique. Certains éléments perturbateurs ne s’étaient vraisemblablement pas présentés dans la salle pour écouter sa conférence.
Dans un premier temps, vers 17 heures, soit deux heures avant le début de la conférence, des militants antisionistes se sont rassemblés devant le bâtiment, mais les services de sécurité ne les ont pas laissé entrer. Les contestataires ont donc formé des petits groupes poussant des cris dans la rue.
Le début de la conférence s’est déroulé dans des conditions satisfaisantes. Les étudiants écoutaient, captivés, les défis du Proche-Orient, présentés par Ayalon. Il leur a fait la lecture d’un compte-rendu du taux de chômage et d’analphabétisme qui caractérisent les pays limitrophes. Après un quart d’heure, une étudiante s’est levée pour lire des extraits du rapport Goldstone. Des étudiants ont exigé le silence. Elle s’est donc rassise peu après.
Une autre étudiante a alors pris le relai, se présentant comme citoyenne libanaise. Elle a brandi des photos montrant des enfants armés avec une kippa sur la tête. Les responsables de l’ordre l’ont laissée, debout au fond de la salle, jusqu’à la fin de la conférence dont elle perturbait sporadiquement le cours.
C’est alors qu’un jeune agité, brandissant un drapeau de l’Olp, s’est mis à vociférer pendant de longues minutes, empêchant le diplomate de prononcer son discours, sans aucune intervention des responsables de l’institut anglais. L’agitation s’est propagée comme une traînée de poudre et les cris se sont amplifiés, sous l’Å“il indifférent et débonnaire des services de sécurité. Sans être refréné le moins du monde, il est alors passé à une série de menaces et d’insultes qu’il a proférée en toute liberté.
Il a traité le vice-ministre israélien de criminel de guerre, de raciste, lui prédisant qu’il serait traduit en jugement comme Milosevic. C’est à ce moment seulement que le service de sécurité a décidé de l’entraîner en dehors de la salle, non sans l’avoir laissé hurler plusieurs fois encore: « Vous serez traîné devant les tribunaux ».
Ayalon, pour sa part, est resté stoïque. Il a attendu que le calme revienne à de nombreuses reprises, sans se laisser entraîner sur le terrain de la violence verbale. Un autre étudiant lui a demandé de crier afin qu’il puisse se faire entendre. Par moments, les organisateurs rappelaient à haute voix que le débat devait se dérouler honorablement.
Le vice-ministre des Affaires étrangères, qui a répondu aux allégations dans le calme, chaque fois qu’il le pouvait, a déclaré avec flegme, à la suite de sa conférence:
« Nous somme en pleine guerre diplomatique pour l’opinion. Nous devons nous faire entendre de l’opinion publique en général et dans les campus universitaires en particulier. Ces manifestations ne nous feront pas peur. Nous poursuivrons notre lutte pour faire entendre notre point de vue de toutes les tribunes du monde. »







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